la BAD
TUNISAIR

 

Soulheil T.Boulahia: vice-président exécutif en charge de la planification de TUNISAIR

 

Peu de compagnies ont su surmonter la crise qu'a traversé le transport aérien international après les évènements du 11 Septembre 2001. A l'instar de beaucoup d'autres Tunisair, compagnie nationale publique à du s'adapter à la conjoncture économique d'un secteur en proie à la morosité, en procédant notamment à une restructuration des effectifs et favorisant la recherche de nouvelles parts de marchés, où l'Afrique sub-saharienne occupe une place de choix.. Afin de mieux cerner les enjeux de la compagnie nationale Tunisienne, nous avons rencontré Souheil T. Boulahia Vice-président Exécutif en charge de la planification.

Afbz : Comment avez vous choisi de surmonter la crise chronique qui frappe votre secteur depuis près de 4 ans ?

Souheil T. Boulahia : Vous savez, la période demeure encore très critique, les marges dans notre secteur sont encore très faibles. Alors, nous avons du affronter avec réalisme la précarité du secteur. Tunisair bien qu'entreprise publique doit affronter la compétition et affronter la concurrence en affichant à tous niveaux des ratios de standards mondiaux. Par exemple avoir recours à 150 agents par avions au lieu de 200.

Afbz : Quelle est votre stratégie pour atteindre cet objectif ?

Souheil T. Boulahia : Le gouvernement a validé notre programme de restructuration et de recentrage.Nous devons devenir une holding avec unefiliale de production et de services, un développement qui passe via des joints venture et des partenariats internationaux de premiers plans pour aboutir à la création d'un groupe compétitif structuré.

Afbz : Quelle est la stratégie que vous envisagez pour étoffer votre réseau ?

Souheil T. Boulahia : Notez d'abord que la France représente de loin notre première destination et que 80% de notre clientèle est constituée de touristes, les flux obéissant bien sûr à la conjoncture. Relativement à notre réseau, je dois vous dire que nous étoffons ce dernier vers de nouvelles « niches » de clientèles, c'est le cas pour le Moyen Orient et l'Afrique de l'ouest, ouverture de Dubaï avec 3 vols par semaines, 3 fréquences sur Dakar, 2 sur Abidjan et Bamako. Ces combinaisons font de Tunis un Hub de qualité au carrefour de l'Europe, l'Afrique et le Moyen Orient. Nous n'excluons pas par ailleurs la possibilité de favoriser une alliance et d'intégrer un team international. Nous continuerons d'ouvrir de nouvelles brèches à condition de trouver une rentabilité à chacune de nos exploitations.

Afbz : Quels sont selon vous les atouts majeurs dont dispose votre compagnie ?

Souheil T. Boulahia : D'abord la proximité avec l'Europe, ensuite la qualité de nos infrastructures et de notre flotte. Nous disposons de 9 aéroports internationaux, soit un aéroport tous les 150 Km à moins d'une heure des sites hôteliers. Notre flotte ultramoderne est constituée d'avions âgés en moyenne de 6 ans, quinze A320, onze 737, trois A300-600.Notre rigueur au plan de la maintenance, fait de notre compagnie l'une des plus sûres du monde, une notoriété qui impose par exemple un recyclage de nos pilotes tous les 2 ans. Après deux années de compressions dans les budgets au sein de la compagnie, sachez que nous n'avons pas touché à celui de la sécurité. Nous essayons de garder la ligne d'une gestion très rationnelle de la compagnie. Par exemple, par choix purement stratégique nous n'avons pas de longs courriers, ni de lignes de prestige !

Afbz : Quel est selon vous l'impact économique et socio-culturel de l'arrivée de la Bad en Tunisie.

Souheil T. Boulahia : Culturellement pour nous, cela s'est très concrètement traduit par l'arrivée de plus de 1000 personnes de nombreuses nationalités. Ce qui a apporté à Tunis une nouvelle dynamique dans le flux des affaires. Autrement dit, nous avons adapter notre offre à une demande très forte de ressortissants d'Afrique de l'ouest qui souhaitaient de temps à autre rentrer dans leur pays. Ce qui pour notre compagnie est évidemment une bonne chose !