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QUEEN ETEMEE

 

Le timbre de la voix est suave et invite au voyage. Voyage au pays des merveilles de la musique. Au royaume de Queen Etemé, une jeune chanteuse Camerounaise dont le nom prend du poids dans le giron de la musique Africaine internationale. Dans son jardin, elle cultive des plantes de gospel, soul, pop et jazz qu'elle arrose « d'eau de vie » puisée à la source des sonorités traditionnelles africaines. Queen Etémé dégage un charisme qui ne vous laisse pas indifférent. Il est agréable de discuter avec elle. C'est une femme de conviction. Serviable et généreuse. Autant de qualités qui lui donnent aujourd'hui la grâce de signer “SOKI” un album qui se positionne bien dans les bacs.

Vous portez un nom royal ! Je porte le nom de Queen en hommage aux reines du gospel. Cela est venu tout naturellement de la part de mes amis et surtout de mon manager. On y a associé mon nom de famille qui est Etémé.

Quel est le message que vous faites passer à travers “SOKI”? “Soki” veut dire et si... Je me pose des questions. Et si les Africains étaient plus unis, et s'il n'y avait plus de guerre, et si une chanson pouvait changer toute une vie? “SOKI” est une source intarissable de questions et de rêves. Une montagne de projets. Nous devons nous dire qu'il faut arrêter de pleurnicher et nous occuper de nous-même.

Comment est ce que vous avez pu vous frayer une place dans cette jungle qu' est le monde du show biz? Mes débuts, il faut aller les rechercher dans le gospel qui a été une école formatrice pour moi. C'est là-bas que j'ai senti l'appel. J'y ai ressenti des choses vraies. Puis j'ai appris à être généreuse, à donner mon talent au public. Les exercices en acapella m'ont permis d'aller au-delà de ma personne. Dés cet instant tout s'est enchaîné. J'ai été sollicitée par de nombreuses maisons de disques. Il faut dire que ma personnalité artistique a pris de l'ampleur lorsque j'ai connu l'école du géant Manu Dibango. Grâce à lui j'ai fait de grandes scènes. Il m'a apporté le soutien d'un père. Dans son staff j'étais la seule chanteuse. J'ai donc été exposée à rencontrer des personnes de choix.

On a l'impression que vous avez reçu beaucoup d'affection de la part de votre entourage et vous le leur rendez bien, notamment en les remerciant à la moindre occasion! La véritable histoire d'une vie se conçoit autour de l'amour de son prochain. Contrairement à certaines de mes consoeurs, je ne suis pas issue d'une famille de musiciens. J'essaye d'être une personne naturelle. Mon sourire je le communique à tous et j'ai une avalanche d'amour à donner. A côté de cela, on me reproche aussi de ne pas avoir la langue dans ma poche car je suis véridique à l'occasion. J'ai donc aussi des ennemis. Mais ma vie je la positive car je suis fortifié par l'amour de grands noms tels que Cheick Tidiane Seck, Manu Dibango, Hervé Lebongo, la liste est longue et ils se reconnaîtront. La reconnaissance est quelque chose de nécessaire dans la vie. Je l'avoue, je suis bénie de mes expériences.

“SOKI” est dans les bacs depuis septembre 2003, quel bilan faites-vous à mi-parcours de cette oeuvre? Je peux le dire c'est un bilan positif. Je vous signale qu'il s'agit d'une réalisation unique en son genre. C'est de l'auto-production et de l'auto promotion. Ce qui n'est pas facile du tout. Je remercie l'équipe du sevenclub qui se bat pour moi. Sans oublier MVG company. Je prépare en ce moment des concerts et je m'occupe avec mon staff de la promotion. Avec cet album, je suis allée seule à la rencontre du public.

Comment une soliste décide-t'elle d'arrêter de faire des choeurs et d'embrasser une carrière solo? Vous savez, je ne me suis pas fixé de balises. La primauté et la priorité chez moi c'est de faire de la musique. Je sers mon art sous tous ses aspects. Ce n'est pas parce que j'ai sorti un album en solo que je m' imaginerais un monde de strass et de paillettes. Non! Je suis disponible pour servir la musique, faire des choeurs pourvu que cela me plaise.

Qu'est ce qui vous séduit chez la Grande Myriam Makéba, vu qu'elle est votre Idole? La noblesse de son combat additionné à sa voix de diva. Voilà une femme au vrai sens du terme. Son caractère est puissant. Sa présence scénique réconforte. Ses ballades font vibrer. Elle est divine dans son genre et moi, je suis inspirée par « cette vieille école ».

Quel jugement portez-vous sur des émissions telles que “ Star Academy ou encore “Pop Stars” dans lesquelles on prétend déceler de futurs espoirs de la chanson ? Moi je ne pourrais pas participer à ce genre d'émission car le concept ne m'intéresse pas du tout. Je suis moi-même de nature très critique. Par contre, si on nous donnait la possibilité de venir nous exprimer sans contrainte sur des plateaux de télévision, je pourrais le faire. Le but pour moi c'est de montrer un talent réel. On ne fait pas la musique avec une épée sur la tête.

A présent quel est le combat que vous entendez mener en tant qu'artiste? Je suis décidée à ajouter une pierre à l'édifice de la solidarité au service des enfants. Ce sont des êtres purs et innocents qui subissent nos cruautés. Il faut les protéger. Je veux aussi m'employer à interpeller la jeunesse africaine et lui dire que son heure a sonné. Je pense notamment à l'œuvre de la famille Jah du Bénin, qui donne l'exemple en recueillant des enfants de toute l'Afrique. A Ouidah, ils ont créée l'ambassade culturelle de la diaspora. Elle est ouverte à tous.

Quel est votre plus beau souvenir Queen? La naissance de mon fils ! c'est le moment le plus féerique de mon existence. Le fait de donner la vie m'a bouleversé. Et je crois que mes biens les plus précieux sur cette terre sont mon fils et ma voix.

> Pacôme Christian Kipré