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TETE

 

Afrobiz à rencontré un jeune artiste qui incarne à lui seul, un pan entier de la nouvelle scène pop Française. Dernière sensation du moment, les éloges ne tarissent pas à son sujet. Du talent à l'état brut, Tété en possède à en revendre. Gageons que l'avenir ne trahira pas la promesse de l'émergence d'un futur grand.

Raconte moi ton adolescence. Né au Sénégal, je suis arrivé à 2 ans à Bordeaux et ensuite j'ai passé 14ans de ma vie à St Dizier tout près de l'Allemagne. C'est une ville de 40 000 habitants et j'en garde un super bon souvenir. Quasiment pas de communauté noire. Les gens sont très accueillants et ouverts même si le froid les rend austères. Par contre quand ils ouvrent leur porte, ils l'ouvrent réellement. J'ai appris le respect. Tu as un réel mélange des univers et des communautés ce qui n'est pas forcément le cas à Paris. Je pense que tu as plus de place pour ta sensibilité propre. A Paris les gamins sont au courant de la mode, des dernières baskets, des courants musicaux avant la province. J'ai l'impression qu'ils n'ont pas réellement l'occasion d'avoir leur sensibilité propre.

Je t'ai découvert en regardant la télévision sur Capital. Comment tout cela s'est noué ? En fait c'est une émission de télé donc il faut que ce soit vendeur. L'équipe de capital est passée chez mon éditeur et leur a expliqué qu'il voulait parler d'un artiste pas encore signé et cela aurait pu être n'importe qui en fait. Au début on ne voulait pas rentrer dans ce truc-là, mais comme on voulait faire des concerts dans toute la France et pouvoir plus facilement remplir une salle, on l'a fait. Après c'est vrai que c'est un petit peu romancé car c'est de la télé. En plus ce n'était pas mon concert, je faisais la première partie de Daara J. Ils ont changé le contexte. Le type qu'ils avaient interviewé qui n'avait pas pu rentrer c'est celui qui m'avait signé depuis quelques mois. Et la fille qui devait me rencontrer pour me signer je ne l'ai jamais vue. (Rire) Alors que je devais voir soit disant plein de gens pour signer des contrats. Mais je ne leur jette pas la pierre.

Ton management c'est Lickshot entertainment. Parle nous de votre rencontre car c'est quand même le management de NTM et de B.O.S.S. Dès que j'ai signé chez mon éditeur, deux ou trois mois après j'ai commençé à travailler avec un tourneur. Il bossait déjà avec Sébastien de Lickshot. Je l'ai rencontré il y a quatre ou cinq ans et en fait on bosse ensemble depuis deux ans.

Par rapport à tes origines quelles relations as-tu avec l'Afrique ? Je suis parti en vacances au Sénégal et ça n'est s'est pas bien passé. J'ai été rejeté mais ce n'est pas par rapport à moi directement. Quant tu pars du Sénégal par exemple et que tu vas faire des études aux Canada et lorsque tu reviens tu oublies parfois la langue et là on t'exclut. Quand j'ai été là-bas, ils m'ont senti à 200 mètres et ils n'ont pas cherché à me connaître. Comme je ne parle pas le Wolof c'était foutu ! C'est quoi ce toubab ! Les gens pensaient que comme je ne parlais pas, c'était pour me donner un genre et ils le prenaient de haut, c'est dommage !

Quel regard et quelle critique portes-tu sur la musique noire ? La musique noire me parle en général. Mais ce que je regrette c'est qu'à chaque fois qu'un artiste arrive avec un nouveau truc et fait un carton tous les producteurs se disent, là il y a un marché. Et c'est propre au Hip Hop et au Ragga par exemple. Les gens ont compris qu'il y avait de la tune à se faire dessus donc pour tous les groupes de rap tu verras 90% des mêmes clips : grosses voitures, femmes, bijoux… Tu ne pourras pas me dire que les Frères n'aiment que ça. On se prend au piège nous même. Tu as quand même des personnes comme Missy Elliot qui fait des clips hyper originaux et c'est la même chose pour Ludacris, qui transmet toujours ce côté décalé dans ses clips. Un africain qui écoute de la musique traditionnelle te dira de ma musique mais qu'est-ce que c'est ce truc ! Les américains commencent à s'ouvrir comme les Neptunes et cela fait avancer les mentalités.

Tété : A la faveur de l'automne (Epic/sony)

Shako kévy